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 CHIRURGIE ESTETIQUE

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AUDREY20
Invité



MessageSujet: CHIRURGIE ESTETIQUE   Dim 8 Jan 2006 - 1:04

Chirurgie esthétique : la face cachée de nos demandes


Si en atténuant les complexes, la chirurgie peut réconcilier certains avec leur image, n'oublions pas que toucher à son corps, c'est aussi toucher à son histoire. Réflexions croisées d'une psychanalyste et d'un chirurgien plasticien.




DIALOGUE ENTRE :

Claude Halmos
Psychanalyste et auteur de “Parler, c'est vivre” (NiL, 1997).


Paul Cohen Jonathan
Plasticien et chirurgien esthétique, ancien chef de clinique à la faculté de Paris.


Psychologies : Toute demande d'opération est-elle le fruit d'une fragilité psychologique ?

Claude Halmos : L'expression « fragilité psychologique » renvoie au registre du normal et du pathologique. Or il ne s'agit pas de cela. Dans la psychanalyse, on définit comme « passage à l'acte » quelque chose que l'on fait faute de pouvoir le dire. C'est une mauvaise réponse à une bonne question. Pour certains, aller voir un chirurgien esthétique relève sans doute d'une forme de « passage à l'acte ». Ainsi, si je ne supporte pas – inconsciemment – d'être une femme, je vais demander une réduction de mes seins. Un psy s'interrogerait sans doute d'abord sur cette féminité mal vécue.
Paul Cohen Jonathan : Il y a forcément un profil psychologique différent derrière chaque demande. Celle-ci vient à la suite d'une histoire parentale, familiale, amoureuse, professionnelle qui l'a provoquée. Pourquoi certaines jeunes filles, souvent des adolescentes, vivent-elles leur forte poitrine comme une souffrance et d'autres comme une fierté ? Les premières ne supportent pas le regard des hommes, les secondes le recherchent. La demande de réduction mammaire tient au ressenti devant cette féminité.


C'est donc très complexe. La seule vérité est que ces jeunes filles, une fois l'opération effectuée, témoignent d'un réel soulagement.


Claude Halmos: Pour moi, cette euphorie ne suffit pas à justifier le bien-fondé de l'opération, d'autant qu'il faudrait connaître son devenir à long terme. Bien que je sois attentive à la douleur d'une adolescente, je trouve qu'il peut être dangereux d'accéder à sa demande, parce qu'on touche à une féminité qui est en construction. L'adolescente remet en jeu son rapport à elle-même, à son identité sexuée. Et c'est lié à la façon dont ses parents ont pu accepter, justement, cette identité sexuée. Si on intervient dans la réalité du corps, on ne sait absolument pas à quoi on va toucher. Même si la demande est justifiée par une poitrine réellement trop grosse. On intervient sur une image du corps qui a une histoire, qui s'est construite depuis que la personne est toute petite. Toutes choses que l'on ne connaît pas.


Ne serait-il pas utile qu'un psy soit présent lors d'une consultation de chirurgie esthétique ?

P.C.J. : Si la demande d'intervention me paraît extravagante, c'est-à-dire si elle induit un changement trop radical, je refuse d'intervenir et j'essaie d'orienter la personne vers un psy. La difficulté vient du fait qu'en France, encore, si vous envoyez quelqu'un consulter, il pense que vous le prenez pour un cinglé. Bien sûr, dans certains cas, j'aimerais qu'un psy soit présent, avec moi, pendant la consultation. Mais quand la demande est à peu près justifiée, je n'ai pas à intervenir. Ce n'est pas mon boulot : je suis chirurgien. Je conseille, je propose des solutions en fonction de possibilités techniques déjà éprouvées et fiables. Aller plus loin ne correspond pas à l'attente du patient et me conduirait sur un terrain inadapté à mes compétences.

Cl.H. : S'il y avait une consultation obligée chez le psy, comme il y a une consultation obligée chez l'anesthésiste, cela signifierait d'emblée aux gens qu'ils ne vont pas seulement se faire rabioter un bout de viande, que cela aura des implications sur tout leur être et toute leur vie, que ce n'est pas un acte anodin.

Comment évaluez-vous la demande ?

P.C.J. : J'essaie de déterminer sur quoi elle repose. Je demande aux personnes pourquoi elles veulent être opérées et depuis quand. Et j'essaie d'en savoir un peu plus sur l'influence extérieure qu'elles ont pu subir, notamment celle du conjoint. Certaines femmes viennent me voir parce qu'elles pensent qu'une opération chirurgicale, liposuccion ou lifting, va sauver leur couple. Là, je leur dis clairement qu'aucun acte chirurgical ne réparera un couple qui flanche. Malheureusement, souvent, elles ne m'entendent pas parce qu'elles vivent cette opération comme le geste de la dernière chance. Je vois même parfois des hommes accompagner leur épouse. Ils viennent montrer où il faut enlever, ou rajouter, ou couper.

Cl.H. : L'homme qui émet ce genre de demande est dans un rapport très particulier à l'objet de son désir. Il est dans une sorte de logique masturbatoire : sa partenaire doit coïncider parfaitement avec son fantasme. Il pense sans doute « réparer » ainsi un désir qui défaille, et le chirurgien est son aide. Quant à la femme qui accepte ce marché, on peut s'interroger sur son histoire. Car tout se passe comme si elle n'arrivait pas à se penser, telle qu'elle est, désirable. Cela évoque les enfants qui, confrontés à un parent qui ne peut pas les aimer, s'imaginent que c'est de leur faute.

P.C.J. : Hormis le conjoint, on trouve également des justifications liées aux enfants ou aux petits-enfants. Beaucoup de liftings sont demandés au nom d'enfants qui souffrent d'avoir une mère "vieille" à la sortie de l'école. Ou bien au nom du travail qu'il faut trouver ou garder.


Ces demandes liées aux diktats extérieurs – conjoint, mode, travail – sont-elles aussi des alibis ?

P.C.J. : Certaines personnes ont effectivement besoin d'un alibi, car elles souffrent d'une forme de culpabilité. Elles ont peur, par exemple, de ne pas se réveiller après l'acte chirurgical alors qu'il n'y a aucune obligation à ce qu'elles le subissent, comme si elles allaient être punies pour avoir provoqué un geste esthétique et non médical.

Cl.H. : Sans compter les raisons inconscientes. Une femme peut se sentir coupable de vouloir être belle. Mais que la demande soit motivée par la pression du monde du travail me semble terrible. C'est comme si l'employeur n'achetait plus seulement la "force de travail" de son employé, mais sa personne tout entière. On n'est pas loin de l'esclavage, si l'on y réfléchit.


Quand dépasse-t-on les limites de la demande raisonnable ?

P.C.J. : Quand la personne n'est jamais satisfaite et ne supporte plus le moindre défaut de son visage. En l'occurrence, certains chirurgiens esthétiques ont une réelle responsabilité. Un visage est comme une œuvre d'art. Il arrive un moment où on atteint la perfection, et le moindre coup de pinceau supplémentaire détruit cet équilibre. Prenons l'exemple des bouches chirurgicalement gonflées. On est passé du beau au laid, du pulpeux au difforme. On est en train d'inventer une race qui n'existe pas : celle des femmes aux bouches de canard !

Cl.H. : La question que l'on peut se poser, c'est : « Que demandent-elles réellement ? »

P.C.J. : Souvent, elles ne savent pas vraiment. Ainsi, beaucoup de demandes de rhinoplastie (opération du nez) se traduisent par « Docteur, je vous laisse faire ». Parce qu'on ne se représente pas ce que sera le changement. Elles ont dans la tête une sorte de modèle idéal de visage qu'elles voudraient avoir, mais c'est tout.

Cl.H. : Si on cherchait ce qui sous-tend leur demande, on trouverait sans doute des souvenirs d'enfance, des paroles, des non-dits, qui ont permis à la mauvaise image qu'elles ont d'elles-mêmes de se focaliser majoritairement sur leur nez… C'est comme si elles demandaient un nouveau nez… pour naître. Pour naître enfin à une image positive d'elles-mêmes.

P.C.J. : Les résultats sont le plus souvent à la hauteur de l'attente et permettent un nouveau rapport psychologique avec soi-même : regain de confiance en soi, en sa séduction et en sa féminité. C'est ainsi que des introverties deviennent parfois des extraverties ! Cependant, il arrive qu'on vienne nous voir, nous, les chirurgiens esthétiques, comme on vient vous voir, vous, les psys. Sans savoir exactement ce qu'on vient chercher, ni où ça va nous mener.

Cl.H. : La différence, c'est qu'avec la parole – même si elle peut être très dangereuse – on peut toujours revenir en arrière. Avec le bistouri, c'est plus difficile. Finalement, nous avons en commun un devoir de prudence…


Violaine Gelly
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MessageSujet: Re: CHIRURGIE ESTETIQUE   Dim 8 Jan 2006 - 1:17

si c est de la chirurgie reparatrice je suis d accord
mais je suis contre
si c est pour faire ca
comme on achete son pain
car on est comme on est sais tout
je ne suis pas beau tant pis
je vis avec
je suis beau j en ai pas besoin
je m en passe
et tout ca pour finir ou
je vous le demande
dans la boite a sapin
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AUDREY20
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MessageSujet: ..   Dim 8 Jan 2006 - 1:21

Bien parlé baloo bravo !!! je suis tout à fais d'accord avec toi !!!!on est comme on est !!!! moi sincerement je ne suis pas pour toute ces choses la ...mais pour une bonne cause oui voila...
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MessageSujet: Re: CHIRURGIE ESTETIQUE   Dim 8 Jan 2006 - 15:57

D'accord avec toi baloo!!Mais tout est commerce(bon à se faire du fric) de nos jours!!Mais si aujourd'hui tout le monde passeraient au bistouri quelques années après la top de la beauté et la plus prisé serait celle du naturelle!!Moralité on recherche toujours se qu'on a pas!!!
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